Blog de Judith Lesur

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Judith Lesur

Judith Lesur l'écriture, ce qu'il y a dessous et autour, les projets et les doutes, les fragments et les questions, et puis, peut-être, le dialogue.

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INA/ssouvie

Par Judith Lesur :: 28/12/2007 à 9:15 :: hate-lier

de nouveau à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

avant-dernière session d'atelier, l'occasion de mesurer l'avancée millimétrique de mon scénario...
et toujours cette même difficulté à formuler ce que je veux dire, parce que forcément, sous l'image, un message...
et voilà, quinze ans de pratique pour s'apercevoir que je ne sais pas ce que j'écris !
j'avance toujours à tâtons, et le sens est pratiquement ce qui fait jour en dernier
ce qui pose évidemment un problème quand on écrit un scénario, où l'on est sensé tout agencer en fonction du sens...
d'où ma lenteur, d'où mes indécisions, le brouillard, les doutes
l'inconscient se distille au compte-goutte...

délier les langues

Par Judith Lesur :: 26/11/2007 à 9:44 :: hate-lier

s'approprier une part de réel pour le récréer
voilà ce que je vais proposer aux lycéens en atelier d'écriture
avec en joli support les images d'Elisabeth Rull
à qui j'avais donné en consigne : des photos du quotidien parlantes pour l'imaginaire...



INA-nition

Par Judith Lesur :: 03/09/2007 à 19:38 :: hate-lier
de nouveau à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

c'était l'heure du "traitement" séquencé,  c'est-à-dire de toute l'histoire découpée en séquences...
ce n'est en fait même pas encore le moment du scrabble, où l'on peut se permettre de chahuter l'ordre des pièces, parce que les pièces, elles ne sont pas toutes là...

mais il y a quand même quelque chose qui se remplit, un magma plus homogène, une cohérence, un fond... les bouts de matière qu'on arrive à arracher (avant de pouvoir les recoudre) sont plus riches, plus habités.

c'est encore la fin qui se défile, une fin qui est plus qu'une fin car elle oriente tout le reste...

plonger, donc, encore, en eau profonde et en apnée.

traitement

Par Judith Lesur :: 22/07/2007 à 12:15 :: hate-lier

de nouveau à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA


c'est l'heure du "traitement" séquencé,  c'est-à-dire toute l'histoire découpée en séquences,
sans les dialogues, et sans forcément tous les détails.

traitement intensif, donc, au sortir du tournage de La fille perchée...

pas eu le temps de faire diverses versions en fonction des commentaires de Georges Ruquet, notre "maître de stage",
c'est un premier jet que j'aurai à "défendre" devant mes collègues lundi...

mais je suis satisfaite de voir l'histoire se mettre en place, même s'il y a encore des creux ou des trop-plein...
les personnages commencent à exister, et je les aime bien...

de replonger ainsi dans la narration m'enlève du coup le recul sur la globalité, l'équilibre, la structure, les intentions...
étape dans le va et vient entre le squelette et la chair...


nombril

Par Judith Lesur :: 22/06/2007 à 10:14 :: hate-lier

encore à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

J'ai l'impression aussi que je me libère dans la fiction, pour la première fois je vais vraiment (essayer d')intégrer quelque chose qui m'est étranger, c'est plus encore que de se projeter dans la carcasse d'un vieil homme, ou que de puiser dans l'imaginaire, du moins le procédé est le même mais c'est la source qui est différente...
Je n'élargis pas mon nombril en tirant la peau vers l'extérieur, je change de centre...

quand la chair...

Par Judith Lesur :: 22/06/2007 à 8:26 :: hate-lier

à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

Le squelette se dessine, même si les os sont en argile, prêts à être remodelés...
Le sang commence à réveiller la chair, les personnages s'épaississent, les noeuds de l'histoire se tissent...
Il y a une direction, il y a des images, il faut maintenant construire les grandes lignes du récit en veillant à ce que chaque scène ait sa cohérence propre et sa place dans la progression narrative...

dialogue entre le squelette et la chair

Par Judith Lesur :: 15/06/2007 à 7:06 :: hate-lier

à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

La structure d'une histoire est plus souple que le squelette de son auteur : on n'est pas obligé de poser tous les os dans l'ordre tout de suite...
Elle peut même marcher quelque temps sans pied...

la dialectique du squelette et de la chair

Par Judith Lesur :: 08/06/2007 à 9:02 :: hate-lier

à propos de l'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA

Pour moi, il y a d'abord l'image, l'immersion dans le personnage, le détail singulier, toute une matière que je fouille, des lambeaux de chair que je couds ensuite ensemble.
La forme du squelette devient visible peu à peu. Je rafistole à mesure.

Là, le procédé est inverse. Je dois agencer les os, polir les articulations, et quand je serai sûre que tout fonctionne bien, rajouter la chair.
La tripatouiller de trop mènerait à l'écoeurement, et même, l'assècherait.
Chaque os ayant sa justification, le rôle de la chair, des muscles, de la peau, est d'éviter de la rendre trop apparente.

Ça me ramène encore une fois au flou dans lequel je me sens à l'aise pour travailler : je réfléchis peu et laisse les choses venir, après, je structure.

L'idée serait d'allier les deux, dans un mouvement dialectique.
Dans le peu que j'ai compris de Hegel, ce mouvement dynamique des contradictions (thèse, antithèse) qui agissent ensemble et qu'on appréhende dans la synthèse.
Qui est aussi le rapport entre la vie et la pensée, la façon dont la pensée saisit la vie, et dont la vie nourrit la pensée.
Le rapport entre le squelette et la chair ?


mémoire au travail

Par Judith Lesur :: 04/06/2007 à 7:16 :: hate-lier

Voilà 6 mois que je me rends à l'Hôpital Gériatrique du Val d'Azergues pour explorer "la mémoire au travail" avec le personnel, dans le cadre d'un projet "Culture à l'hôpital".
Un temps d'écriture pris sur leur journée de travail, pour à la fois prendre du recul et s'approcher du coeur de ce lieu stigmatisé comme un "Mouroir"...
Comment en dire la difficulté, la lourdeur, sans dévaloriser les nombreuses années passées à son service ?
Utiliser les outils de la fiction, s'autoriser l'imaginaire, solliciter le ressenti pour (dé)livrer les contradictions d'un lieu de vie marqué par la mort.




voyage intergénérationnel

Par Judith Lesur :: 26/04/2007 à 11:30 :: hate-lier


TÉLÉCHARGER  LE TEXTE DU SPECTACLE EN PDF

59 km, tout un voyage

Par Judith Lesur :: 19/04/2007 à 18:53 :: hate-lier



peut-être un atelier à venir
il y a des villes qu'on n'attend pas et qui s'invitent

INA-nimée 2

Par Judith Lesur :: 14/04/2007 à 9:17 :: hate-lier

L'atelier pose un cadre et propose une confrontation, ça bouscule mais ça rassure aussi.
C'est dans un sens plus facile de donner un texte (à lire, à entendre, à jouer...) comme un texte fini, un bout de soi mais en bloc.
Là il va falloir répondre, expliquer, défendre, chercher...
Avec le risque aussi d'être influencé, de faire sienne l'idée d'un autre, de se perdre...

C'est pour moi une double circulation vers l'extérieur : il y a ce regard, et il y a aussi pour la première fois l'envie d'écrire sur un "fait de société", un autre pays, une autre culture.

INA-nimée

Par Judith Lesur :: 11/04/2007 à 22:14 :: hate-lier

reviens de ma première séance d'atelier d'écriture de scénario de long-métrage à l'INA,
9 mois en perspective sur mon projet "australien"
un gros tas informe de pâte à modeler
au boulot !

de l'intérêt de faire des gammes / Passe-Partout (suite)

Par Judith Lesur :: 05/03/2007 à 13:15 :: hate-lier
1) rassembler du matériau
partir à la pêche aux idées farfelues, lancer ses hameçons dans ces petites caboches déjà bien formatées en évitant les références obligatoires,
(se délecter du feu follet qui s'allume dans certains yeux écarquillés devant l'étendue des possibles où faire cavaler l'imagination)

2) sélectionner
lire, choisir, recopier, relire, s'imprégner
(laisser mariner le magma d'images)

3) construire
trouver les mots dans lesquels les lutins se retrouveront, associer images et sons, veiller au fil de la narration
(laisser le sens faire son chemin)

Il aurait fallu un peu plus de temps
pour retravailler le rythme, le vocabulaire
mais ce fut un bon entraînement...

pour les - de 8 ans

Par Judith Lesur :: 02/03/2007 à 11:30 :: hate-lier
I
C'est au bord d'une mare que commence notre histoire
Les papillons font la sieste sur les nénuphars
Sauf quand Passe-Partout, la plus petite grenouille des environs
S'amuse à tout éclabousser avec ses plongeons !
II
Mais aujourd'hui ses remous dépassent la cime des chênes verts
On dirait que les nuages ont laissé tous leurs robinets ouverts
Car la pluie grossit la rivière et dans un énorme glouglou
Voilà notre Passe-Partout emportée par un tourbillon de boue
III
Elle est secouée comme dans une machine à laver
Et s'accroche aux branches que la crue a arrachées
Autour d'elle le paysage défile à toute vitesse
La rivière bondit et gronde telle une tigresse
IV
Notre petite grenouille a beaucoup de courage
Pourtant, fatiguée par un si remuant voyage
Elle s'endort dans le creux d'un morceau de bois
Dont la mousse lui fait un agréable matelas
V
Pendant son sommeil, le radeau se coince dans une racine
Et Passe-Partout se réveille sur une rive d'herbe bleu marine
Elle baille, s'étire et se demande où elle est
car rien autour d'elle ne ressemble à ce qu'elle connaît
VI
Tout est gris ou bleu ou noir ou blanc
Dans ce pays, on interdit les couleurs du printemps
Alors avec son vert vif, elle ne passe pas inaperçue
Et déjà s'approchent  toutes sortes de créatures inconnues
VII
Il y a des personnages sans tête
Et même un cyclope qui fume des cigarettes
Et une grande et grosse et horrible sorcière
Dont les cheveux sont des vers de terre
VIII
Les monstres aimeraient faire de notre amie leur casse-croûte
Aussi, pour éviter la marmite, elle doit vite reprendre la route
Surtout qu'il commence à faire de plus en plus froid
Et que l'eau de la rivière devient dure comme du bois
IX
Passe-Partout ne veut pas se transformer en glaçon
ni être avalée par ces monstres gloutons
Alors de deux allumettes, elle fait une paire de skis
Et sur la glace, elle glisse loin de cet affreux pays
X
La sorcière, furieuse, s'embrouille dans ses formules magiques
Et change les monstres en minuscules moustiques
Mais Passe-Partout n'a pas le temps de s'en apercevoir
car elle arrive dans une contrée encore plus bizarre !
XI
Les habitants sont des objets vivants
Qui vous jouent des tours plutôt méchants
Les lunettes veulent vous mordre le nez
Et les marteaux ne pensent qu'à vous clouer les pieds
XII
Les bâtons de parole ne s'arrêtent jamais de faire blablabla
Les radios se prennent pour des pétards, quel brouhaha !
Et comme ici personne n'a jamais vu d'animal
La présence de Passe-Partout n'est vraiment pas banale
XIII
Elle a peur de devenir leur jouet pour toujours
Il faut donc qu'elle continue son parcours
Mais il commence à faire de plus en plus en chaud
La rivière de glace fond et s'évapore aussitôt
XIV
Comment va-t-elle réussir à s'enfuir ?
Sans eau, notre amie risque de mourir
Alors pour s'échapper du pays des objets fous
Elle décide de creuser un trou
XV
Passe-Partout découvre un interminable tunnel
Et tout au bout, une vertigineuse échelle
Elle espère qu'il s'agit du chemin
Qui la ramènera parmi les siens
XVI
Hé bien non, il y a encore une surprise !
Un paysage qui ressemble à une friandise
Avec des maisons en forme de coeur
Et une route douce comme un trampoline de fleurs
XVII
Les animaux sont tous rigolos et gentils
Les zèbres changent de couleur dès qu'ils en ont envie
Les clowns sont en pâte à modeler
Et passent leur temps à jouer
XVIII
On peut se baigner dans un grand lac de chocolat
Ou se laver avec du sirop d'orgeat
Mais ce qui manque à Passe-Partout, c'est l'eau
Et elle rêve à son joli ruisseau
XIX
Les arbres font des farces et des chatouilles
Pour chasser la tristesse de notre chère grenouille
Mais comme plus rien n'arrive à la faire rire
Les animaux comprennent qu'il faut l'aider à partir
XX
Les clowns se transforment alors en montgolfière
Et en quelques jours rejoignent la rivière
C'est au bord d'une mare que se termine notre histoire
Chuuut! Passe-Partout fait la sieste sur un nénuphar...

début de la fin

Par Judith Lesur :: 07/02/2007 à 15:58 :: hate-lier
début d'un nouveau projet d'atelier d'écriture auprès du personnel d'un hôpital gériatrique
avec pour prolongement une mise en scène

me doutais pas, quand j'ai écrit les premières lignes du "Journal d'un vieux"
il y a plus de dix ans
que j'ouvrais une brèche, un sillon
une ligne de vie, une ride...!

à plat

Par Judith Lesur :: 18/01/2007 à 20:48 :: hate-lier
premier atelier d'écriture avec des enfants qui ne savent pas encore écrire, mais crier, courir, sauter, taper, rire, oui.

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