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Judith Lesur
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Sinistra se sonorisePar Judith Lesur :: 04/04/2008 à 13:29 :: e-cri-ts
Tableau10
musique Sébastien Guillen TABLEAU 10
Drôle d'équipée, deux pépés et une mémé ! Tu seras surpris de voir de quoi ils sont capables. Les voilà qui se préparent à partir, armés de cannes et de courage, en direction du bout du bout de Sinistra. Là, Angélique la Bossue, Jules le Radoteur et Aimé le Sourdingue rencontrent leur premier obstacle : le mirador. Les gardes ont eu amplement le temps de les voir arriver et les attendent, le fusil à l'épaule. Mais ils ne vont jamais réussir à passer. Quand on entre à Sinistra, c'est pour l'éternité. C'est compter sans leur ingéniosité. Angélique envoie Jules en éclaireur, et celui-ci, un peu tremblant devant ces gardes raides comme des soldats de plomb, se met à raconter sa vie. Et l'histoire est tellement longue, tellement tarabiscotée, que les sentinelles finissent par s'endormir. Zut, Angélique aussi ! Même Jules a du mal à ne pas terminer ses phrases par des bâillements ! Heureusement, Aimé, qui n'entend rien, est resté éveillé. Il tire ses compagnons par le bras et c'est accompagnés des ronflements des gardes que nos vaillants retraités franchissent la frontière de Sinistra. l'archet du boucherPar Judith Lesur :: 28/10/2007 à 21:08 :: e-cri-ts
expérience textuelle et sonorePar Judith Lesur :: 23/09/2007 à 23:17 :: e-cri-ts
+Par Judith Lesur :: 05/09/2007 à 22:27 :: e-cri-ts
plus j'écris, plus les images s'inscrustent sur mon blog nourritures terrestresPar Judith Lesur :: 30/05/2007 à 16:01 :: e-cri-ts
Pour télécharger les textes des divers ateliers, lectures, performances... en quelques clics et sans couac L'ogre intérieur 3 / Lecture à la librairie Au bonheur des Ogres / 24 mai 07Par Judith Lesur :: 28/05/2007 à 18:58 :: e-cri-ts
Leçon n°3 : Comment se débarrasser de son ogre intérieur Vous aspirez au repos et en avez assez d'être ballotté au gré des vents de votre ogre. Vous en faites usage comme d'une poubelle de table mais ne supportez plus ses régurgitations. Fouailler vos noirceurs ne vous fait plus peur, ne vous fait plus envie, ne vous fait plus rien. Vous voulez juste vivre, pas forcément voir. Vous trouvez encombrant cet ogre qui vous pousse à toujours plus d'épaisseur, qui vous plombe la carcasse, mais vous ne savez pas comment vous en défaire. Il a fait de votre peau la sienne. Il va falloir vous écorcher vif. Vous découvrirez alors qu'en tuant votre ogre, vous mourrez un peu. L'ogre intérieur 2 / Lecture à la librairie Au bonheur des Ogres / 24 mai 07Par Judith Lesur :: 26/05/2007 à 12:18 :: e-cri-ts
Leçon n°2 : Comment distraire son ogre intérieur Votre ogre n'est jamais tout à fait repu. S'il sait aussi se nourrir de frustration, vous lui faciliterez néanmoins la vie en le divertissant. Amusez-le de vos petites perversions, n'étouffez pas vos obsessions, variez-les. Personne ne digèrera mieux votre mauvaise foi que l'ogre qui se tapit en vous. Profitez donc de sa voracité presque candide pour lui fourguer vos vieux ressentiments, vos remords pas tout à fait sincères, vos rancunes ravalées, bref, tout ce qui fait la richesse de votre sale caractère. Le souffle de vos cauchemars bercera ses siestes, il se rafraîchira de vos fantasmes éventés, les relents de votre inconscient seront pour lui brise légère. Laissez-le donc pénétrer dans tous vos interstices, chatouiller vos zones défensives, faire de vos retranchements sa tanière. Vous découvrirez alors qu'en rassasiant la curiosité de votre ogre, c'est la vôtre que vous piquez. L'ogre intérieur / Lecture à la librairie Au bonheur des Ogres / 24 mai 07Par Judith Lesur :: 24/05/2007 à 23:49 :: e-cri-ts
Leçon n°1 : Comment nourrir son ogre intérieur Après quelques années de cohabitation, vous devriez être en mesure de déterminer très précisément les besoins spécifiques de votre ogre intérieur. Vous savez que sous votre blondeur d'orge, c'est de votre noirceur qu'il est le plus friand. Les apports extérieurs ne sont pas à négliger mais, comparés à vos ressources personnelles, ce ne sont que friandises. L'aliment de base, c'est vous. Votre être regorge de nutriments essentiels, qui, de la crédulité au cynisme, de la lâcheté à l'arrogance, sont susceptibles d'assouvir l'appétit liposuceur de votre ogre. Mais qui dit dévoration ne signifie pas forcément gloutonnerie. Il y a des manières très lentes et presque indolores de se faire grignoter. Sachez simplement qu'un ogre malingre vous empoisonnera de ses aigreurs, alors qu'un ogre élevé dans l'abondance contribuera à vous rendre moelleux. Laissez-vous donc déguster, l'ogre apprendra de lui-même la mesure, même si ça vous semble pour l'instant antinomique. Vous découvrirez alors qu'en le nourrissant, vous grandissez aussi. Boucherie / Lecture à la librairie Au bonheur des Ogres / 24 mai 07Par Judith Lesur :: 24/05/2007 à 23:48 :: e-cri-ts
La feuille est le billot sur lequel j'éviscère les mots, de la pointe du couteau j'équarrie la carcasse du réel, je tranche, je saigne, je suis le boucher et je suis la viande toute dégoûtante de sang matière tranchée à vif pour jouer les natures mortes mer rouge et étale sur l'étalage de la narration maillage des nerfs et des tendons qui font la syntaxe de ma langue dans la moelle des os, le sens 2ème texte du Marathon : Jean IROLART, vraisemblablement décédé fin 2004 / Précision prise : Jean Irolart n'est pas mortPar Judith Lesur :: 02/05/2007 à 9:39 :: e-cri-ts
Au fond, tout au fond : les Pyrénées Le pire y est né Périnée déchiré d'une pierre Jean Irolart est vraisemblablement décédé fin 2004 mais Jean Irolart n'est pas mort Nous ne saurons vraisemblablement pas qui est Jean Irolart Car Jean Irolart n'a vraisemblablement pas existé Mais entre le moment où Jean Irolart est décédé et le moment où Jean Irolart est mort Nous allons nous immiscer Des Pyrénées, nous ne savons rien ou presque Et c'est sans doute mieux comme ça Nous projetterons. De Jean Irolart, nous ne savons rien non plus Et c'est le but que nous nous assignons Nous pourrions imaginer des montagnes hérissées et sombres Nous pourrions imaginer des villages de bois et de pierre Des hommes et des femmes flétris par les frimas Mais nous ne le ferons pas Jean Irolart nous attend pour exister Jean Irolart n'est pas un monsieur irréprochable Jean Irolart n'est même pas un monsieur Jean Irolart est un enfant rigolard La tignasse plantée d'épis Les genoux fleuris de croûtes Le sourire comme une figue fendue dans son visage lait de brebis Mais Jean Irolart est plus qu'un enfant Jean Irolart est né de la saillie d'un ours C'est ce que disent les villageois En plantant leur fourche dans la mie fraîche de son dos Jean Irolart aurait pu polir ses talons sur les galets des ruisseaux Frotter son sexe dans la mousse des sous-bois Écraser les grains de cassis sous sa langue Souffler dans l'anus des crapauds Percer de l'ongle le ventre des sangsues Mordre la croupe de la jument Regarder perler la fente d'Odile qui pisse dans les fourrés Lécher la farine sur les doigts de sa mère Mais Jean Irolart est né de la saillie d'un ours Et ses dix ans nourrissent la ravine Nous voudrions lâcher les loups aux trousses des villageois Nous voudrions incendier leurs granges Nous voudrions brûler leurs fourches Mais nous ne le pouvons pas Nous voudrions laver la dépouille de Jean sous l'orage Entre le moment où Jean Irolart est décédé et le moment où Jean Irolart est mort Il y a désormais les mots les galets les grains de cassis Que nous sommes allés chercher à la pointe de notre langue Dans le tréfonds de ce que nous ignorons 1er texte du Marathon : contraintes : Je propose Victoria à Salta (Argentine) + photosPar Judith Lesur :: 01/05/2007 à 9:17 :: e-cri-ts
Je propose Victoria, à Salta (Argentine). Victoria ne veut pas. Peut-être que Victoria ne veut pas que je propose. Victoria m'en veut. Je l'indispose. Victoria ment. C'est sa névrose. Victoria veut. C'est du vent. Aller à Salta sans Victoria. Le grand saut. Sauter Victoria ? Victoria ne le sent pas. Elle pose. Je veux Victoria. Elle vire morose. Je sens Victoria. C'est mordant. J'encense Victoria. Ça se nécrose. Ses cheveux. Ses dents. En prose. Je suis Victoria. Saleté de Salta, cordon de cordillère qui retient Victoria, Victoria ne vient pas, ne voit plus, Victoria ment et ne m'aime plus. Saillie de Salta la fertile, fouillis de villes, de vignes que je ne connaîtrai pas. Sale Victoria. De Victoria, jaillit la ville, du cliquetis de ses os, le zoo fétide de ses ennuis. Je vis mais Victoria ne le sait pas. Salta la putride. Victoria, mon vit te sait et ne t'oublie pas. ![]() Il propose Salta. La première fois, je pense : Yalta ? Qu'est-ce qu'on va foutre à Yalta ? Il sait que je n'aime pas le froid, il sait qu'avec le froid, je suis moi en moindre, en portion congrue, et puis il explique Salta, la Cordillère et le train des Nuages, et je n'ai plus jamais pris Salta pour une autre. Moi à Salta, ça n'aurait jamais existé sans lui, mais je suis bien obligée de reconnaître que Salta sans moi était déjà Salta. Elle m'a fait la peau, m'a littéralement tannée et quand il est parti, moi pas. Je propose Victoria. Demande sa main. Le reste vient avec. Je veux couvrir son nom du mien. Je veux couper ses cheveux. Lécher son sein. Victoria veut bien. Coupe son rein comme une orange. Presse son jus directement dans ma bouche. Victoria est mienne, miaule quand je suis chien, mélange son miel au mien. M'a proposé. Ai accepté. Sommes maintenant mélangés. Son meilleur dans mon pire. Carapatés à Salta. En noces. Engrosser Victoria à Salta ? Précoce. Mon prépuce entre ses bosses. Salto avant, arrière, avant, arrière. Sales gosses, cosses salaces. L'arrivée à Salta. Dessalés, et saouls. Lui dans mes formes, moi dans sa force. Salta la fertile, nous enfiévrés serrés, à ensemencer l'escargot de béton à cracher dans le nombril de la ville sous la pampa de nos pubis ![]() Salta l'argentine, les rues creusées d'altitude faces travaillées, buttées des fesses poches lourdes des ventres, tout est montagne et Victoria, la somme de mes sommets Nos escarpements, mon précipice on s'escalade, immobiles sous l'hématome du ciel Victoria enfonce ses doigts dans le pelage des chiens n'épelle plus mon nom, referme la nacelle de son con souffle ailleurs Salta sous moi ses ossements, des grelots à mes chevilles la page ouverte de ma cuisse pour calligraphier ses respirations Salta me prend Victoria l'apprend, l'agrippe au ventre Salta m'invente Saleté de Salta J. l'hérétique - 11Par Judith Lesur :: 09/04/2007 à 10:13 :: e-cri-ts
11 - APPARTEMENT - CUISINE MARIEM gifle LUCAS, et l'entaille sur sa joue saigne à nouveau. Elle crie. MARIEM Pourquoi tu fais ça ? Tu essaies de me rendre folle ? Elle lui martèle le torse de coups de poing. LUCAS la laisse faire. LUCAS Je sais que c'était lui. J'en suis sûr. MARIEM donne des coups de tête contre l'épaule de LUCAS à plusieurs reprises, de moins en moins fort. MARIEM
Ce n'est pas possible. LUCAS Non, ce n'est pas possible. Mais c'était lui. C'est lui. Et il m'a pardonné. ... Et toi ?
J. l'hérétique - 10Par Judith Lesur :: 07/04/2007 à 13:08 :: e-cri-ts
10 - RUE - METRO LUCAS, les yeux injectés de sang, traits tirés, vieilli, fait le guet dans la rue. Quand il voit sortir le petit groupe de miliciens qui a arrêté JOSH, il se met à le suivre à distance. Le groupe se partage en deux pour laisser le passage à un homme marchant en sens inverse, et se ressoude aussitôt après l'avoir dépassé. LUCAS s'arrête, abasourdi, car il croit reconnaître JOSH. JOSH regarde LUCAS, sans aucune expression sur le visage, et s'engouffre dans une bouche de métro sans répondre à ses signes de main. LUCAS court à sa suite. LUCAS Josh ! Josh ! LUCAS se précipite vers le quai, les flots de voyageurs se croisent sans se toucher. Seul JOSH est immobile. LUCAS prend une grande inspiration pour se calmer et va lui parler. LUCAS Qu'est ce qu'il s'est passé, je croyais... ils ne t'ont pas... ? JOSH recule à mesure que LUCAS se rapproche. LUCAS lui prend les bras et parle de plus en plus fort. Les gens s'écartent d'eux. . LUCAS Josh, qu'est-ce que tu as, tu ne me reconnais pas ? JOSH essaie de se dégager le bras, sans utiliser la force. LUCAS Mais à quoi tu joues, bon sang ? La voix du haut-parleur retentit dans la station qui s'est vidée. LA VOIX Lâche-le. LUCAS n'obéit pas. LA VOIX Lâche-le. Va prier. Lave ton âme des ignominies de ton corps. Les deux hommes se regardent. LUCAS baisse les yeux et murmure : LUCAS Pardonne-moi. Le visage de JOSH reste impassible, mais il pose une main sur son coeur. LUCAS incline légèrement la tête pour le remercier et repart. Il se retourne avant de sortir de la station, JOSH a disparu. J. l'hérétique - 9Par Judith Lesur :: 06/04/2007 à 9:16 :: e-cri-ts
9 - JOUR - INTÉRIEUR D'APPARTEMENT - CUISINE MARIEM est devant l'évier, dos au téléviseur qui montre les images de l'évacuation forcée des vieillards. MARIEM se coupe les cheveux par touffes épaisses qui tombent avec un bruit mat sur le sol. COMMENTATEUR ...Leur meneur est un dangereux criminel, qui organise des rapts d'enfants et complote contre l'Église. Notre Sainteté le Pape demande un jugement exemplaire, mais "vox populi, vox dei", il autorise les fidèles à voter par téléphone. Si vous êtes pour la décapitation de cet hérétique, tapez 0. Si vous êtes pour sa crucifixion, tapez 1. LUCAS entre dans la cuisine et se précipite vers MARIEM pour lui ôter les ciseaux des mains. Elle se défend et lui entaille la joue. J. l'hérétique - 6 & 7 & 8Par Judith Lesur :: 05/04/2007 à 9:23 :: e-cri-ts
6 - JOUR - RUELLE JOSH marche dans une ruelle étroite qui mène à un groupement de taudis installés dans une cour d'immeuble décrépite. Il frappe sur une paroi de tôle et un vieil homme écarte peureusement un rideau. Il reconnaît JOSH et siffle. Plusieurs vieillards, hommes et femmes, apparaissent dans la cour et serrent la main de JOSH. 7 - JOUR - RUE - LUCAS discute avec un milicien, à quelques mètres de l'entrée d'un immense bâtiment à l'architecture néo-classique prétentieuse. Ils se saluent d'un mouvement de tête et le milicien rentre dans le bâtiment. LUCAS traverse la rue et s'éloigne, le dos un peu voûté. 8 - JOUR - COUR D'IMMEUBLE JOSH distribue aux vieillards le pain et les fruits qu'il leur a apportés. Ils mangent en silence, avec avidité. On entend le pas caractéristique des miliciens résonner dans la ruelle. La panique se lit sur les visages. Tous savent qu'il n'y a pas d'issue. JOSH prend la main de ses voisins et tous l'imitent pour faire une chaîne. En quelques secondes la cour est envahie de miliciens qui distribuent coups de matraque et coups de pieds avec une violence toute professionnelle. Ils font sortir de la ruelle les vieillards, qui crient, trébuchent, mais ne se lâchent pas. J. l'hérétique - 3 & 4 & 5Par Judith Lesur :: 04/04/2007 à 9:19 :: e-cri-ts
3 - NUIT - INTÉRIEUR D'APPARTEMENT - CUISINE MARIEM nettoie les blessures de JOSH et LUCAS, assis torse nu sur le bord de l'évier à l'émail écaillé. Une ampoule diffuse une lumière jaunâtre sur leurs peaux meurtries. MARIEM place ses mains à l'emplacement du coeur des deux hommes. Ils se sourient. 4 - NUIT - INTÉRIEUR D'APPARTEMENT - SALON Une dizaine d'enfants est couchée sur des coussins. Ils dorment, pelotonnés les uns contre les autres. JOSH est assis sur un divan au cuir élimé. Il caresse les cheveux de MARIEM, qui s'est endormie contre lui. Il semble attendri par le sommeil serein des enfants, mais son regard est triste. LUCAS, assis contre un mur, l'observe. 5 - JOUR - INTÉRIEUR D'APPARTEMENT - CUISINE JOSH, LUCAS et MARIEM boivent leur café en silence en regardant un petit téléviseur, au-dessus du frigo. On voit des images de vieillards qui fouillent dans les poubelles et dorment dans des taudis insalubres. COMMENTATEUR Ceux que notre Sainteté le Pape appelle les "derniers des hérétiques" vivent comme des rats dans les entrailles oubliées de la ville. Nous vous rappelons que vous devez signaler toute présence suspecte en téléphonant au 0809... Incapable de contenir sa colère, JOSH se lève brusquement et sort de la cuisine. MARIEM lance un regard inquiet à LUCAS. Il tente de la rassurer d'un sourire et coupe le son du téléviseur. MARIEM commence à se faire une natte, ses doigts tremblent. LUCAS se lève et met son bol dans l'évier. Il regarde la nuque blanche de MARIEM. J. l'hérétique - 2Par Judith Lesur :: 03/04/2007 à 9:11 :: e-cri-ts
2 - JOUR - RUE - ENTRÉE DE L'ÉGLISE MARIEM entre dans une église moderne, à la décoration austère. Elle repère la silhouette longiligne de JOSH, et celle, plus trapue, de LUCAS parmi les fidèles. Elle s'installe sur le banc entre eux deux. Derrière l'autel, un homme en soutane brodée fait monter des enchères en répondant aux signes de mains qu'il perçoit dans l'assemblée. Devant l'autel se tient une petite fille, LUCIE. LE PRÊTRE 400... 400 une fois... JOSH lève la main. LE PRÊTRE 450... 450 une fois... 450 deux fois... Un milicien fait tourner LUCIE sur elle-même en tapotant son épaule du bout de sa matraque. LE PRÊTRE Elle n'a pas encore servi, pure comme l'agneau qui vient de naître, allons, 450... Pour laver vos péchés... 450 trois fois Le prêtre tape un coup sur l'autel d'un air las. LE PRÊTRE Vendue. Le milicien conduit LUCIE devant JOSH, MARIEM la prend aussitôt par la main et la tire vers la sortie pendant que JOSH fait diversion en interpellant le prêtre. JOSH C'est toi le vendu... Un groupe de miliciens arrivent au petit trot et LUCAS fonce dans le tas. Après s'être assuré du regard que MARIEM et LUCIE ont réussi à sortir, JOSH rejoint la bagarre. J. l'hérétique - 1Par Judith Lesur :: 02/04/2007 à 12:30 :: e-cri-ts
SÉQUENCE 1 - JOUR - MÉTRO Des miliciens armés, en soutane noire, règlent le flux des passagers qui montent dans la rame de métro. Hommes et femmes ont les cheveux courts et sont vêtus de costumes gris identiques, à la coupe sévère. Ils se croisent sans se toucher, se parler ni même se regarder. MARIEM, aux formes rondes et à la chevelure qui descend jusque sous les fesses, s'assoit à côté d'un homme. Elle s'installe de façon à ce que leurs mains se touchent à chaque soubresaut du train. Ses yeux se remplissent de larmes. L'homme reste impassible. Le train ralentit en arrivant dans une station, deux miliciens traversent la rame et s'interposent. Ils empoignent MARIEM par les cheveux et la poussent sur le quai. Elle trébuche et tombe. Les passagers détournent le regard. Le métro repart, MARIEM reste prostrée sur le quai. Une voix surgit d'un haut-parleur. LA VOIX Lève-toi et va prier. Souillure, saleté, purifie-toi et tu seras reconnue par les tiens. MARIEM se relève lentement. Elle se fait un chignon en se dirigeant vers la sortie. plus de jusPar Judith Lesur :: 01/04/2007 à 18:18 :: e-cri-ts
les mursPar Judith Lesur :: 12/03/2007 à 22:05 :: e-cri-ts
la peau des murs
leurs veines, leurs croûtes leurs vergetures leur acné, leur lèpre mes écorchures |
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