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Judith Lesur

Judith Lesur l'écriture, ce qu'il y a dessous et autour, les projets et les doutes, les fragments et les questions, et puis, peut-être, le dialogue.

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L'ogre intérieur / Lecture à la librairie Au bonheur des Ogres / 24 mai 07

Par Judith Lesur :: 24/05/2007 à 23:49 :: e-cri-ts

Leçon n°1 : Comment nourrir son ogre intérieur


Après quelques années de cohabitation, vous devriez être en mesure de déterminer très précisément les besoins spécifiques de votre ogre intérieur. Vous savez que sous votre blondeur d'orge, c'est de votre noirceur qu'il est le plus friand. Les apports extérieurs ne sont pas à négliger mais, comparés à vos ressources personnelles, ce ne sont que friandises.

L'aliment de base, c'est vous. Votre être regorge de nutriments essentiels, qui, de la crédulité au cynisme, de la lâcheté à l'arrogance, sont susceptibles d'assouvir l'appétit liposuceur de votre ogre.

Mais qui dit dévoration ne signifie pas forcément gloutonnerie. Il y a des manières très lentes et presque indolores de se faire grignoter. Sachez simplement qu'un ogre malingre vous empoisonnera de ses aigreurs, alors qu'un ogre élevé dans l'abondance contribuera à vous rendre moelleux.

Laissez-vous donc déguster, l'ogre apprendra de lui-même la mesure, même si ça vous semble pour l'instant antinomique.
 
Vous découvrirez alors qu'en le nourrissant, vous grandissez aussi.

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Commentaires

Le 25/05/2007 à 9:17, par katia
Ode à l’ogre, le 24 mai (Saint Donatien), soir, nuit, noir...

Imaginer
Une grande lignée d’ogres, leur généalogie à l’ordre de l’alphabêtisier est, du reste, impossible à établir, à ce jour. On ne sait précisément laquelle, du père, celle-ci est la fille, vers qui ceux-ci sont-ils les dieux, quel est le jumeau de l’autre, inversement.
Ils aiment particulièrement se disperser pour infuser la confusion sous l’alambic de leur espièglerie : ci, nous faire perdre raison, là, nous rétablir au diapason.

Ils vibrent.

D’aucuns les nomment fantômes, d’autres esprits, d’autres encore s’en fabriquent des chimères au long cours, des rêves qui expirent.
Mais on n’adopte pas un ogre. On ne le capture pas, on ne le dompte pas à sa simple cause, quel qu’en soit l’appétit.
On perd son temps à vouloir les nommer (même par une douceur des plus affectueuses), leur acheter une laisse choisie avec soin, leur faire une cage dorée, les disposer avec goût à un endroit qui nous sied ...
... Les ogres se dérobent, s’amusent et glissent. Ils rient dans un chahut assourdissant de pitreries. Agiles, habiles et vifs, une fulgurance où nul n’a prise.
Les plus redoutables sont ceux qui - a-priori- paraissent inoffensifs alors que plus effrayants sont en réalité les plus peureux.
Toutefois, ne jamais se fier à la fiabilité de ce constat facile : ils sont érudits en malignité, fort savants de nos friables vérités.

Ils respirent. Libres.

On prétend que les ogres ne meurent pas.
On note qu’ils se reproduisent, s’additionnent, se multiplient, s’associent, se mondialisent par leurs bavardages télépathiques. Mais, on n’aura pas remarqué de cimetière, de sanctuaire, de jardin des disparus.
Pas de livre mémoriel, pas de bible, pas de registre funéraire.
Aucune sépulture de marbre, de pierre, de papier.
Peut-ils se dévorent-ils entre eux l’heure venue (on cherche encore / sans savoir).
Peut-être ont-ils conclu au pacte d’Immortalité (certains le prétendent / mais l’Immortalité n’est que notion humaine, limitée, du mythe d’Éternité : loin d’être certain que les ogres poursuivent leur espèce sur des variations éthérées).

Si l’on sait qu’ils existent, qu’ils sont gloutons, gourmands, gourmets aussi, ils ne laissent pas facilement approcher.
Ils craignent la lumière des artifices (leur pupille n’est pas adaptée) et le vent des sirènes grises d’ébriété.
Le 25/05/2007 à 11:15, par nadyne
hé bé je crois bien qu'en psy ça s'appelle
"embrasser son Monstre"
Le 25/05/2007 à 11:21, par nadyne
tu as intitulé l'exercice"n°1", flair et intuition m'en font frétiller

t'es sur une piste!
Le 25/05/2007 à 15:12, par judith
je ménage mes effets, la leçon n°2, c'est pour demain !
Le 25/05/2007 à 15:47, par nadyne
huuuuuuum!huum!....patience, impatience...
Le 25/05/2007 à 15:53, par judith
désir/frustration etc...

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