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Judith Lesur
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1er texte du Marathon : contraintes : Je propose Victoria à Salta (Argentine) + photosPar Judith Lesur :: 01/05/2007 à 9:17 :: e-cri-ts
Je propose Victoria, à Salta (Argentine). Victoria ne veut pas. Peut-être que Victoria ne veut pas que je propose. Victoria m'en veut. Je l'indispose. Victoria ment. C'est sa névrose. Victoria veut. C'est du vent. Aller à Salta sans Victoria. Le grand saut. Sauter Victoria ? Victoria ne le sent pas. Elle pose. Je veux Victoria. Elle vire morose. Je sens Victoria. C'est mordant. J'encense Victoria. Ça se nécrose. Ses cheveux. Ses dents. En prose. Je suis Victoria. Saleté de Salta, cordon de cordillère qui retient Victoria, Victoria ne vient pas, ne voit plus, Victoria ment et ne m'aime plus. Saillie de Salta la fertile, fouillis de villes, de vignes que je ne connaîtrai pas. Sale Victoria. De Victoria, jaillit la ville, du cliquetis de ses os, le zoo fétide de ses ennuis. Je vis mais Victoria ne le sait pas. Salta la putride. Victoria, mon vit te sait et ne t'oublie pas. ![]() Il propose Salta. La première fois, je pense : Yalta ? Qu'est-ce qu'on va foutre à Yalta ? Il sait que je n'aime pas le froid, il sait qu'avec le froid, je suis moi en moindre, en portion congrue, et puis il explique Salta, la Cordillère et le train des Nuages, et je n'ai plus jamais pris Salta pour une autre. Moi à Salta, ça n'aurait jamais existé sans lui, mais je suis bien obligée de reconnaître que Salta sans moi était déjà Salta. Elle m'a fait la peau, m'a littéralement tannée et quand il est parti, moi pas. Je propose Victoria. Demande sa main. Le reste vient avec. Je veux couvrir son nom du mien. Je veux couper ses cheveux. Lécher son sein. Victoria veut bien. Coupe son rein comme une orange. Presse son jus directement dans ma bouche. Victoria est mienne, miaule quand je suis chien, mélange son miel au mien. M'a proposé. Ai accepté. Sommes maintenant mélangés. Son meilleur dans mon pire. Carapatés à Salta. En noces. Engrosser Victoria à Salta ? Précoce. Mon prépuce entre ses bosses. Salto avant, arrière, avant, arrière. Sales gosses, cosses salaces. L'arrivée à Salta. Dessalés, et saouls. Lui dans mes formes, moi dans sa force. Salta la fertile, nous enfiévrés serrés, à ensemencer l'escargot de béton à cracher dans le nombril de la ville sous la pampa de nos pubis ![]() Salta l'argentine, les rues creusées d'altitude faces travaillées, buttées des fesses poches lourdes des ventres, tout est montagne et Victoria, la somme de mes sommets Nos escarpements, mon précipice on s'escalade, immobiles sous l'hématome du ciel Victoria enfonce ses doigts dans le pelage des chiens n'épelle plus mon nom, referme la nacelle de son con souffle ailleurs Salta sous moi ses ossements, des grelots à mes chevilles la page ouverte de ma cuisse pour calligraphier ses respirations Salta me prend Victoria l'apprend, l'agrippe au ventre Salta m'invente Saleté de Salta Trackbacks
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Commentaires Le 01/05/2007 à 11:21, par nadyne
vous écrivez aussi mon silence
bravo Madame Le 02/05/2007 à 9:15, par judith
aucune idée de ce que j'ai écrit
juste l'impression de flotter entre les mots Le 02/05/2007 à 10:11, par judith
ou que les mots flottent en moi
Le 02/05/2007 à 18:58, par nadyne
cet état là te va plutôt bien
c'est déplaisant de te sentir un peu dépassée, pas tout à fait responsable? au fil des heures tu as dû finir dans un état poétique, Ophélien... d'ailleurs tu étais fraîche comme après un long bain Le 02/05/2007 à 21:02, par judith
me suis autorisée une forme libre,
avec des trous et pas le courage de les colmater peur de perdre l'exigence avec la détente mais ça fait du bien aussi de ne pas être "sur les nerfs" Le 03/05/2007 à 0:20, par nadyne
s'auto-risée c'est fait. depuis longtemps
s'autoriser c'est toujours un grand pas la détente s'accompagne de disponibilité à se laisser traverser le stade après l'autorisation c'est sa recherche Le 03/05/2007 à 7:23, par judith
encore quelques marches à gravir, donc
ou plutôt à descendre direction la cave son inconscient et ses images Le 03/05/2007 à 11:11, par nadyne
quand on trouve l'escalier!
nos résistances nous résistent opposent murs de béton serrures sans clé et labyrinthes de couloirs sans issue quand on croit savoir le chemin c'est jamais gagné Ajouter un commentaire |
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