Blog de Judith Lesur

http://judithlesur.zeblog.com/

Calendrier

« Juillet 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

Judith Lesur

Judith Lesur l'écriture, ce qu'il y a dessous et autour, les projets et les doutes, les fragments et les questions, et puis, peut-être, le dialogue.

Blog

Catégories

Derniers commentaires

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

1er texte du Marathon : contraintes : Je propose Victoria à Salta (Argentine) + photos

Par Judith Lesur :: 01/05/2007 à 9:17 :: e-cri-ts

Je propose Victoria, à Salta (Argentine).
Victoria ne veut pas.               
Peut-être que Victoria ne veut pas que je propose.
Victoria m'en veut.                   
Je l'indispose.
Victoria ment.                   
C'est sa névrose.
Victoria veut.                   
C'est du vent.
Aller à Salta sans Victoria.               
Le grand saut.
Sauter Victoria ?                   
Victoria ne le sent pas.
Elle pose.                       
Je veux Victoria.
Elle vire morose.                   
Je sens Victoria.
C'est mordant.                       
J'encense Victoria.
Ça se nécrose.                       
Ses cheveux.
Ses dents.                       
En prose.
Je suis Victoria.                   


Saleté de Salta, cordon de cordillère qui retient Victoria, Victoria ne vient pas, ne voit plus, Victoria ment et ne m'aime plus. Saillie de Salta la fertile, fouillis de villes, de vignes que je ne connaîtrai pas. Sale Victoria. De Victoria, jaillit la ville, du cliquetis de ses os, le zoo fétide de ses ennuis. Je vis mais Victoria ne le sait pas. Salta la putride. Victoria, mon vit te sait et ne t'oublie pas.



Il propose Salta. La première fois, je pense : Yalta ? Qu'est-ce qu'on va foutre à Yalta ? Il sait que je n'aime pas le froid, il sait qu'avec le froid, je suis moi en moindre, en portion congrue, et puis il explique Salta, la Cordillère et le train des Nuages, et je n'ai plus jamais pris Salta pour une autre.

Moi à Salta, ça n'aurait jamais existé sans lui, mais je suis bien obligée de reconnaître que Salta sans moi était déjà Salta. Elle m'a fait la peau, m'a littéralement tannée et quand il est parti, moi pas.

Je propose Victoria. Demande sa main. Le reste vient avec. Je veux couvrir son nom du mien. Je veux couper ses cheveux. Lécher son sein.
Victoria veut bien. Coupe son rein comme une orange. Presse son jus directement dans ma bouche. Victoria est mienne, miaule quand je suis chien, mélange son miel au mien.

M'a proposé. Ai accepté.
Sommes maintenant mélangés.
Son meilleur dans mon pire.


Carapatés à Salta. En noces.
Engrosser Victoria à Salta ? Précoce.
Mon prépuce entre ses bosses.
Salto avant, arrière, avant, arrière.
Sales gosses, cosses salaces.

L'arrivée à Salta. Dessalés, et saouls. Lui dans mes formes, moi dans sa force.
Salta la fertile, nous enfiévrés serrés,
à ensemencer l'escargot de béton
à cracher dans le nombril de la ville sous la pampa de nos pubis




Salta l'argentine, les rues creusées d'altitude
faces travaillées, buttées des fesses
poches lourdes des ventres, tout est montagne
et Victoria, la somme de mes sommets

Nos escarpements, mon précipice
on s'escalade, immobiles
sous l'hématome du ciel


Victoria enfonce ses doigts dans le pelage des chiens
n'épelle plus mon nom,
referme la nacelle de son con
souffle ailleurs

Salta sous moi
ses ossements, des grelots à mes chevilles
la page ouverte de ma cuisse
pour calligraphier ses respirations


Salta me prend Victoria
l'apprend, l'agrippe au ventre

Salta m'invente

Saleté de Salta



le poème vidéo des Z'interprètes

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://judithlesur.zeblog.com/trackback.php?e_id=190315

Commentaires

Le 01/05/2007 à 11:21, par nadyne
vous écrivez aussi mon silence
bravo Madame
Le 02/05/2007 à 9:15, par judith
aucune idée de ce que j'ai écrit
juste l'impression de flotter entre les mots
Le 02/05/2007 à 10:11, par judith
ou que les mots flottent en moi
Le 02/05/2007 à 18:58, par nadyne
cet état là te va plutôt bien
c'est déplaisant de te sentir un peu dépassée, pas tout à fait responsable?
au fil des heures tu as dû finir dans un état poétique, Ophélien...
d'ailleurs tu étais fraîche comme après un long bain
Le 02/05/2007 à 21:02, par judith
me suis autorisée une forme libre,
avec des trous et pas le courage de les colmater
peur de perdre l'exigence avec la détente
mais ça fait du bien aussi de ne pas être "sur les nerfs"
Le 03/05/2007 à 0:20, par nadyne
s'auto-risée c'est fait. depuis longtemps
s'autoriser c'est toujours un grand pas

la détente s'accompagne de disponibilité
à se laisser traverser
le stade après l'autorisation c'est sa recherche
Le 03/05/2007 à 7:23, par judith
encore quelques marches à gravir, donc
ou plutôt à descendre
direction la cave
son inconscient et ses images
Le 03/05/2007 à 11:11, par nadyne
quand on trouve l'escalier!
nos résistances nous résistent
opposent murs de béton
serrures sans clé et labyrinthes de couloirs sans issue
quand on croit savoir le chemin
c'est jamais gagné

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.

 
Copyright © Blog de Judith Lesur - Blog créé avec ZeBlog