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Judith Lesur

Judith Lesur l'écriture, ce qu'il y a dessous et autour, les projets et les doutes, les fragments et les questions, et puis, peut-être, le dialogue.

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seuil treuil feuille deuil

Par Judith Lesur :: 17/02/2007 à 10:42 :: cris
être ici, c'est ne pas être là
faire ci, c'est ne pas faire ça
je ne sais pas pourquoi ces petits deuils quotidiens mais néanmoins existentiels semblent parfois insupportables
il y a d'un côté la sagesse d'assumer ses choix
mais qui peut aussi se lire comme une résignation

au fond, il y a toujours cette colère
cette enfant en colère

on l’écoute ou on l’étouffe ???

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Commentaires

Le 17/02/2007 à 10:59, par katia
Sois pleine à l'instant : le reste n'existe que pour te diviser, te partager, t'éparpiller, te provoquer, te divertir par chimériques polarités.
La résignation ce n'est que garder en soi ces sentiments mêlés d'embarras tout en se disant : "ben, bof, ma foi, à quoi bon, pourquoi". La défier par l'humilité de la sagesse.

Il y aura sans doute toujours le manque dans la nature de tes regards, ce sont ces manques, les vides qui donnent du sens au plein.

Le tout est que l'on ne t'esbroufe pas.

Carpe diem, ma Ju.
Le 17/02/2007 à 14:09, par nadyne
ne La déçois pas
c'est tout
que la grande vive toujours dans l'estime de la petite
et réponde au plus près à ses aspirations exigeantes, tu te rappelles, non, toi tu te souviens
c'est Elle qui te rappelle
câlin à toutes les deux
Le 18/02/2007 à 11:35, par katia
enfant, on est l'enfant des autres puis l'on devient son (propre) parent peu à peu.
L'on comprend avec une infinie tendresse que l'enfant que l'on protége, console, cet(te) enfant que l'on porte guide le parent que l'on devient avec la précision qui bouleverse toutes les règles apprises lorsqu'on était (encore) l'enfant de ces autres : l'on comprend que l'enfant, cet(te) ancêtre, est notre continuel tuteur.

Sa colère est peut-être simplement la force de vie de la femme qu'elle materne.
Le 18/02/2007 à 11:56, par JL
heu, tu pourrais faire un schéma ?!
Le 18/02/2007 à 23:06, par nadyne
mauvaise foi ou mauvaise fée?...
Le 18/02/2007 à 23:16, par JL
mauvaise blaguee, tout simplement
Le 19/02/2007 à 9:44, par JL

bon, je me fais mon propre schéma : un rond dans un rond avec des flèches circulaires à double sens
Le 20/02/2007 à 10:01, par katia
..... circulations circonflexes à circonvolutions circonvenues ; court-circuitées au concert complexe des centrifuges refuges.

À certains moments, on a besoin de gratter la terre, monter un canasson, se prendre le vent dans les buissons, marcher dans les flaques d’eau, se moucher dans un seau, se mettre au plus loin de nos questions.

Et un bon hammam. D’où l’on ressort vidé, aplati par une bonne détente, on erre dans les rues, on ne sent plus rien de son corps, on vole jusqu’à attraper l’escalier qui mène à son lit. On s’écrase d’un tout dans la douceur toute molle du coton. On dort : les énergies ont été drainées, remises en circulation, les flèches remises en question, par des paumes bienveillantes sans complaisance. Qui attrapent la chair du silence, le vacarme des tumultes, et forment une boule dodue et malaxent malaxent malaxent malaxent à perte de vue.
Le 20/02/2007 à 11:20, par katia
La Paspadelle Iédit Lezourre se gratta – à 20h47 - le relief droit de sa jolie tête. Il en sortit aussitôt un gloutix magnifica stoîstic et son canin Sceptok à poil ras. La Paspadelle accueillit ses hôtes par une sorte de sobre cérémonie, pas même surprise de cette visite couazi nocturne.
Il lui resta des pâtes au levain, quelques biscotes au sarrasin, du blanc de poulet réchauffé trois fois depuis jeudi au tandoori venu du lointain, qu’elle leur offrit de bon coeur avec un verre de vain vin (le bouteille avait été sifflée par un ami dépressif, un soir dernier).

Le silence pesa lourdement, longtemps, si bien qu’ils sursautèrent violemment tous les trois quand on frappa à la porte. On aurait dit avant cet événement qu’ils s’étern-ennuyaient, s’inter-emmerdaient dru les uns aux autres, réciproquement interchangeables dans le flux pâteux de la langueur des choses de vie qui fait, qu’à des moments, on se fait vraiment c.... des fois, on sait pas pourquoi, mais on sait bien comment et l’on sent – par ce fol instinct péremptoire de l’animal que l’on est, finalement, tout au fond de soi - que la solution viendra de la surprise, de l’Autre, de l’inconnu, de l’extérieur, de l’impromptu, de l’inattendu. Du ce-qu’on-n’a-pas-prévu.
Forcément. Et Iédit Lezourre, aussi profonde que les Sargasses, séditieusement sage d’une rare sagacité, elle sait fort bien ces choses-là. La truffe du coyote en plein désert, elle connaît.

On toqua donc. Des fourmis encore plein les podes, une liasse d’eau fraîche dans le dos de son sursaut et le derme en paire de choules, Iédit Lézourre (qui n’a peur de rien et qui affronte sans relâche dans son armure bien cirée) se leva, glissa dans ses pantoufles roses à pompons (qu’elle ne porte jamais en société) vers la porte d’entrée.
Mûe par une ferme intention de connaître qui viendrait enfin réchauffer ces heures aux promesses non tenues de cette sacrée soirée.

L’enfant menue, blonde, s’excuse : « Me suis trompée de porte ?...», questionne-t-elle à peine, presque sûre d’avoir commis la grosse bêtise de la journée.
- Ça dépend, ne se démonte-t-elle pas devant l’enfant de moitié moins sa stature en présence sur le seuil de palier englouti par un dégradé de noirs effrayants.
L’orientation de la lumière fait que l’ombre de Iédit L., immense, est comme un drap de goudron menaçant.
L’enfant a les yeux qui cuisent à feu vif dans un effroi de stupeur terrible. L’ébullition porte au débordement.
Prise de torsions affectives et d’attendrissement face à cette fillette de chiffon, rose et blonde :
- Ben entre ! Ne reste pas là.
L’enfant s’avance dans la lumière et devient moins petitement pire qu’elle n’était dans les griffes des noirs dégradants, au seuil du néant. Elle se met à grandir en ce pas fait en avant.
- Où sont tes parents ?
- Ils savent que suis là, m’ont donné la permission.

Dans le salon de velours, en place des primes hôtes, le vide s’est abattu. Le gloutix magnifica stoîstic et son canin Sceptok à poil ras, repus de bonne ripaille, ont disparu. Laissant sur la table une imprégnation d’encre nette sur papier flou, imitant un test de Rorschach.
- Oh ! s’écrit l’enfant. Ce dessin, c’est moi qui l’aie fait..... j’avais mis de l’encre ici et j’avais fait s’embrasser le papier sur la bouche... je m’en souviens.

et en légende : seuil treuil feuille deuil, datée de l’année de cet âge où l’on apprend ces espiègles subtilités entre oeil, euil, aîe, aille et ouille. L’âge des cailloux plein des genoux.


La grande regarde la petite et lui tend ses bras de grand printemps.
Chut : la petite dort, se repose, à présent.
Le 21/02/2007 à 9:32, par JL
Pendant la nuit, l'encre se tortilla, les petits asticots noirs gymnastiquèrent sur la page et s'accouplèrent pour former : l'orgueil du cercueil de l'aïeule est un écueil.

La petite fille rêva qu'un facétieux écureuil faisait de ses oreilles le lit de ses noisettes et c'est dans ses tympans que l'arbre s'enracina.

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