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Judith Lesur
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collage textuel : étape 1Par Judith Lesur :: 10/12/2006 à 16:03 :: collages
Il y a des gens qui ne partent jamais, et qui vont rêver dans les aéroports.
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Commentaires Le 10/12/2006 à 16:12, par judith
Didier Van Cauwelaert, Poisson d'amour
Le 10/12/2006 à 17:17, par katia
les voyages immobiles sont sans doute plus dépaysants que l'illusion de se dépayser de soi et ses habitudes à des mille de millions de kilomètres.
Et puis, regarder voler les avions, c'est comme la danse du ventre d'une baleine à bosse : c'est magique. Le 11/12/2006 à 13:46, par nadyne
ils regardent les gens se noyer dans le ciel.
avalés absorbés envolés disparus dans le ventre de la mouette railleuse qui ne promet que l'ailleurs au lieu d'ici avec les mêmes le même la même. Le 11/12/2006 à 14:15, par nadyne
je tourne une cuillère dans mon café sans sucre
consciente de mon immuabilité je ne regarde que les gens qui regardent une fois je suis venue avec une valise pour changer l'estampille accompagne ou réceptionne en VOYAGEUSE le problème c'est que je me sens conne avec ma valise Le 11/12/2006 à 14:35, par judith
il y a aussi des gens qui partent et ne rêvent jamais
Le 11/12/2006 à 14:40, par judith
je suis partie et j'ai été différente
pas une autre mais moins prisonnière de mon image habituelle ou la même mais pas perçue pareille parce que dans un pays autre j'aimerais avoir le courage de recommencer Le 11/12/2006 à 15:24, par katia
Faudrait qu’on puisse s’oublier dans les passe-ports du voyages. Qu’il y ait une page blanche, spéciale à lire en braille pour se déprogrammer peu à peu le temps de la traversée.
Je me rappelle qu’à chaque fois, j’ai eu franchement honte « d’être française ». Toujours quelque chose (ou quelqu’un) qui nous le rappelle... On a quelque chose qui nous colle au cul, même si l’on ne dit rien et s’émerveille, les fesses posées sur un tas de pierre, avec le sentiment fou que voilà, en fin, on est au plus loin, du très loin de tout ce que l’on est avec cependant le petit coeur qui bat une totalité. Et puis.... à un moment donné.... Y’a Jean-Pierre et Monique qui déboulent (arrivés à 2 900 mètres d’altitude, gagnés par force par des fils escarpés, ampoules aux pieds et le crâne bouilli, le corps éviscéré). Tu ne les vois pas encore, mais les entends et le bruit des casseroles qui cadence les pas crottés de sueur éreintée : « Putaing, Monique, vé, vé ! là sur la gauche (les sommets y sont, en effet), putaing, putaing, putaing, c’é bô ! hein Monique ?! » - Vi, vi, Jean-Piêrrrrre. Putaing ! » Et, parfaitement bourrés par l’oxygène et le pinard, ils te demandent de prendre LA photo... Partagent le sauce, le pinard rouillé, les biscuits croûtés. Ils évoquent l’autochtone, ah ! l’autochtone... les moeurs un peu sales des cabinets, le gras des assiettes rarement lavées, etc. Ou ceux qui rencontrent un(e) français(e) pour la première fois et là, il ne te lâche pas d’une grolle : la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, le Moulin Rouge, etc.... Ou Versailles ou Orléans. Et te voilà guide touristique d’un pays de Cocagne que tu as quitté de ton plein gré pour le vrai grand bonheur de l’oublier un peu et toi avec. Dans le fait d’être « français » y’a toujours ce petit bout de truc qui te réinitialises terre-à-terre à ta terre, à ta tradition, à ton histoire, à ta culture. Celà dit, c’est exotique quand c’est loin. C’est drôle aussi. Le 11/12/2006 à 15:39, par katia
Et le plus drôle se passe dans les aéroports étrangers, dans la salle d’attente d’un vol en partance pour la France... Comme il y a toujours un certain temps à attendre, difficile de ne pas écouter, difficile de ne pas entendre.
Là, c’est vraiment un fou-rire garanti. En général il est question de l’autochtone qui n’est pas bien français en soi. Un peu dommage quand même dans le paradis du séjour que l’autochtone ne soit pas bien comme soi. Ajouter un commentaire |
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