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Judith Lesur

Judith Lesur l'écriture, ce qu'il y a dessous et autour, les projets et les doutes, les fragments et les questions, et puis, peut-être, le dialogue.

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un mois ou presque

Par Judith Lesur :: 28/11/2006 à 14:03 :: fumeries

aujourd'hui, pharmacie pour une nouvelle ration de patches et des pastilles pour ma gorge si irritable depuis que je ne fume plus...

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Commentaires

Le 28/11/2006 à 15:30, par katia
Joyeux moisiversaire, Ma Ju !
Le 28/11/2006 à 19:25, par nadyne
mal de gorge
arête de fumée
Le 29/11/2006 à 9:01, par judith
Je me refais une virginité du gosier
qui redevient cette petite chose fragile, sensible aux courants d'air, à la pollution, à la fumée des autres.
Est-ce une bonne nouvelle de perdre sa carapace ?
En tout cas, ça fait mal...
Le 29/11/2006 à 9:53, par katia
Iédit Lézourre (premier mois)

La Paspadelle narguait la pointe du ras.
Trente jours que la vigie guettait au sacrum du mirador.
Concentrée.
Tendue, mitouflée de ganteries croquemitaines et surlardée de cuirs zingaro, elle taillait bavette avec le tripot des Chahuts tout en passementant les gorgones de Psyché.
Barricadée.

Palabre allant (aidant aussi, peut-être), lui prit l’envie subite, surexcitée de se gratter sous la flottante : trois heures et quarante-cinq minutes pour parvenir enfin aux fins de sa faim de carnage : déclapitouiller d’un revers de pointe acérée la bestiole, lui faire sauter les antennes, l’écraser.

Il fallut près de quatre heures pour l’exercice, en effet ; tant le vestiaire devenu toison, devenu pelage emmuré, crin d’armure, fourrure encagée par la force des heures, tant le vestiaire devenu bestiaire à foison par la force des jours, rejetait au loin du profond la chair tendre à soulager.
Se laver la plaie prête à être patchée.

De son oeil minéral, pointu comme un glaive, la princesse lança son oeil élastique, monté sur ressort, agile sur pilotis pour vérifier qui osa bouger, tandis que nue, elle se rendait ripaille aux prédateurs endiablés.

Tous étaient figés : mâchoires rouillées, front biseauté, les dents grisées par le vin frelaté. Nul ne bougea.
Elle attendit (des fois qu’elle en surprenne un, quand même, pris sur le fait).
Et en effet.
Dans son râle uni-jambien, le plus insolent de tous se fit encore remarquer.
Elle se tourna alors de son mouvement princier et le vit, lui, encore lui ! Le fumeur de Lucky.
Ce pirate dépenaillé, l’oiseau maudit des mers agitées.
Il frémit de tous les sacs d’os qu’il lui restait sous l’oeil gris, bleu et pâle de la Paspadelle.
Elle le fixa (avec ce drôle d’air qui met la traquette au niveau liquide les humeurs du corps des armées phalangistes des pires soldats du Vaste Entier) et lui lança, impériale :

« ... au lieu de faire le con, viens donc m’aider à remettre les fils de mon cuirassé ! ».

Il eut une émotion licorneuse tout en bas du bas de son front, mais n’en dit jamais rien à quiconque et ne risqua jamais l’idée même de s’en vanter.


Le 29/11/2006 à 10:57, par judith
la suite, la suite !
Le 29/11/2006 à 13:33, par nadyne
la suite!
Le 29/11/2006 à 17:27, par katia
Ben, disons que la suite est un peu plus délicate...

Au dernier fil passé dans les crochets du corset-cuirassé, une vapeur sultane s’empara de la Paspadelle Iédit Lézourre à l’arrière du rhinocéphale (l’ombilic nervuré entre la Tinguely et le Nikki de Saint-Phalle).
L’oeil électrique bleu d’un gris d’eau dure de la princesse ne pouvait (il est vrai) pas pivoter jusque là.
Surprise, elle sursauta (souvent la surprise est simultanée au sursaut, ce qu’elle fit, sans défaut), surprise donc que le flambeur de Lucky, manchot du haut, obèse du reste ait pu l’allumer là.
Cela dit, la princesse, sachant bien faire l’usage des bonnes manières, rompue aux facéties que nécessitent mille déconvenues, elle ne frisa guère frimousse, ne se fit pas remarquer : « ni de Oh !, ni de Ah ! » effarouchés.
C’est que le grand chambellan guette, Sigmund d’un borgne torve, Sigmund l’autre myope aussi, épie. Il a vite fait (petit bougri de gros pervers) malgré une triple cataracte carabinée, de croire voir entendre deviner, de soupçonner un vieux lapsus de volupté.
Elle ne laissa rien croire voir entendre deviner au souçon, seule la note du silence s’est échappée.

Mais la vapeur sulfatée d’une sulfure de luxure en moite abondance sur-voltigée – quoiqu’à présent inondée jusqu’à la dernière flaque de l’indécence -, trempa la princesse dans son slip en zinc de Roubaix. Le Rubicon écarlate, le Bozo allumé toucha la carlingue de chasteté.

(-- Pendant que j’écris ces mots, un technicien répare mes prises électriques... Et mon écran me rappelle à l’ordre que tant de fautes au linéaire carré, c’est pas bien orthodoxe....
Drôles de parallèles épiques... Exercices d’absurdité...-- Comme je suis sujette aux fous-rires, me tenir en parfaite distance dissociative....).

Pas commode pour une princesse d’être ainsi émotionnée, même si elle est habituée à ses tortures domestiquées, c’est pas facile quand même à tous les heurts de la journée.

On aura compris qu’à ce degré, la princesse a explosé le mercure, turgescence à l’obscène : mais tout est bien gigoté par les ficelles (prêtes à cuire) du cuirassé en entier.
Farcie d’images éparses et dilatées aux possibles, de vapeurs sur-compressées à l’extase fatale, l’altesse serrée sur la ligne du sprint des vainqueurs, l’air en absence, l’eau à ras de se marrer et le feu à s’embraser, dispersa à la vitesse de la lumière, le précieux corps de garde triple épaisseur métallisée et rembourré de quarante-cinq futons futés : son zinc de Roubaix.

Le fumeur de Lucky s’en grillant une, n’avait, n’a, n’aura rien remarqué.
Fier comme une belle bouse homogène séchée sous le soleil d’un fort été, il rêvait à sa licorne qu’il a bernée. Mollement posé, une fesse en creux, l’autre en dièse , en baguenaude de perplexité.
N’a rien vu venir, ni rien remarqué de l’explosion effusionnelle qui l’a pourtant déperruqué, déguenillé à rendre poil de néant.
Il rampa jusqu’au repaire, couille flasque et l’autre vexée, quand Iédit Lézourre lui asséna ce verbe impossible, prédicateur du pire, qui ne cesse (encore) de résonner.
Le 29/11/2006 à 17:36, par katia
le tout (si c'est possible) avec l'accent pré-colombien néo gothique...
Le 29/11/2006 à 20:33, par judith
quelle verve déchevelée pour un seul cervelet !

Le 29/11/2006 à 20:47, par katia
j'en ai trente, tous grippés en grappe, mais pas une seule cervicale vertébrale, même pas de colonne adaptée :
ce doit être ça.
Le 30/11/2006 à 9:16, par nadyne
ta grappe c'est le soleil qui manque ds le ciel d'aujourd'hui qui s'annonce coton. de roubaix

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